Yvan Zweifel, membre du comité de Tous+, a déposé une question urgente intitulée « Quel pourcentage des décès COVID est réellement dû au SARSCoV-2 ? » lors de la séance d’hiver du Grand Conseil genevois.


Secrétariat du Grand Conseil

Question écrite urgente 1437
Question présentée par le député : M. Yvan Zweifel
Date de dépôt : 23 novembre 2020

Quel pourcentage des décès COVID est réellement dû au SARSCoV-2 ?
Actuellement à Genève – comme ailleurs en Suisse – est comptée comme victime COVID toute personne qui décède ayant été testée positive au SARS-CoV-2, peu importe les causes qui figurent sur son certificat de décès.

Chaque patient admis à l’hôpital est testé, peu importe la raison de son hospitalisation, et, s’il décède en étant positif, il alimente le compteur des décès COVID, même s’il meurt en réalité d’une autre cause. En cas de décès hors milieu hospitalier, un test post-mortem est réalisé pour tester la présence du virus. Cette manière d’alimenter le compteur des décès COVID inclut donc des personnes positives asymptomatiques ou avec des symptômes légers, pour lesquelles le SARS-CoV-2 n’est pas la raison d’une hospitalisation et n’a joué aucun rôle dans le décès.

L’OMS annonce d’ailleurs sur son site que 80% des infections au SARS-CoV-2 sont légères ou asymptomatiques et ne nécessitent donc pas de soins hospitaliers [1] .

En Italie, une analyse des certificats de décès des 2000 premiers décès COVID par les autorités sanitaires a montré que le SARS-CoV-2 avait joué un rôle pour seulement 12% de tous les décès comptabilisés comme dus au COVID. Un travail similaire n’a pas encore été effectué en Suisse. L’OFSP a répondu dans un courriel du 12 novembre 2020 que le codage des décès de 2019 ne pourra débuter que dans « un an environ ». Transposée à la Suisse, cette analyse italienne nous ferait passer de presque 3000 à environ 350 décès COVID, ce qui changerait considérablement la donne en termes de gravité de la situation, de stratégie et de mesures à adopter.

De manière concordante avec les chiffres donnés par les autorités sanitaires italiennes et l’OMS, le chef du CDC chinois a affirmé que la présence du virus n’implique des symptômes que pour 1 personne sur 6 à 10 selon les estimations, ce qui signifie que seuls 10% à 17% des cas positifs développent des symptômes COVID.

Le nombre de décès réellement dû au SARS-CoV-2 étant une métrique importante à partir de laquelle les autorités publiques et les organisations privées, à tous les niveaux, se basent pour décider des mesures à prendre, force est de constater que l’exactitude et la disponibilité immédiate de cette information sont cruciales pour se faire une idée du degré de gravité de la situation épidémique. Or cette donnée manque encore de manière précise à l’heure actuelle.

Pour cette raison, il serait important de savoir pour chaque nouveau décès COVID si le SARS-CoV-2 a réellement joué un rôle dans le décès. Mes deux questions sont donc les suivantes :

1. Parmi les décès comptés comme COVID à Genève (472 au 20.11.2020), quel est le pourcentage pour lesquels le certificat de décès mentionne le COVID comme cause ?

2. Pour les futurs décès COVID, est-il possible de préciser si le COVID figure comme cause sur le certificat de décès et en quelle position ? Sinon, pourquoi ? Que le Conseil d’Etat soit remercié par avance de la réponse qu’il voudra bien m’apporter.

[1] https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/question-andanswers-hub/q-a-detail/q-a-similarities-and-differences-covid-19-and-influenza

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